mercredi 3 octobre 2007

Mes mots québécois préférés



Je présente d'avance toutes mes excuses à tous mes lecteurs de l'autre côté de l'Atlantique.

Je l'ai déjà dit et je le dirai encore : internet est une invention formidable. Elle permet une communication (presque) instantanée avec des gens situés aux antipodes et un accès rapide, direct et (presque) gratuit à des quantités énormes d'informations (parfois) fiables.

Malheureusement, la communication peut parfois être compliquée par des problèmes de langues ou d'expressions locales.

La barrière de la langue a encore frappé.

Aujourd'hui, j'aimerais plus particulièrement parler des différences entre le français de France et le français du Québec (que certains spécialistes appelleront peut-être "le québécois", mais je me refuse à embrouiller ce texte avec des termes techniques). Certaines expressions de ce dernier peuvent en effet être mal interprétées par un public non averti.



Attention :
Attendez-vous à une mise à jour tout en finesse, pleine de vocabulaire distingué que vous pourrez utiliser en société pour épater vos interlocuteurs.
Les mots présents dans cette liste ont été choisis arbitrairement parce que j'aime bien leur consonance ou les quiproquos gênants qu'ils sont susceptibles de provoquer.


  • une agace-pissette est une femme habillée de façon provocatrice.

Au vu de cette expression, je doute que le mot "pissette" ait le même sens que sur le continent européen.

  • aiguisoir désigne un taille-crayon.

  • bacon signifie argent.

Je suis riche !

  • canard veut dire bouilloire.

  • barniques veut dire lunettes.
    • Bientôt sur ce blog : les aventures de Paulin Barnique !

  • bibitte désigne un petit animal, généralement un insecte.
    • "J'aime les petites bibittes toutes poiluses" ne doit donc pas être mal interprété.

  • les boules ne désignent pas les testicules (appelés chnolles ou gosses - attention aux malentendus) mais bien les seins.

Les homme aiment-ils jouer aux boules, au pays du sirop d'érable ?

  • criard veut dire klaxon.

  • donner un bec sur la suce signifie embrasser sur la bouche.

  • foutre la chienne veut dire faire peur.

En voilà une qui l'a échappé bel.

  • la jarnigoine est l'intelligence, la débrouillardise.

  • un mangeux de balustre est une personne qui passe son temps à l'église.

  • le mot ouaouaron désigne une grenouille.

  • platte veut dire ennuyant.
    • Québécois, attention : dire "cette femme est plate" peut avoir une autre signification, plus littérale, de ce côté-ci de l'Atlantique.

  • pipe signifie mensonge.
Magritte avait raison !


  • p'tite bitte signifie un peu (comme "a bit" en anglais, je présume).
    • - Je vous sers de l'eau ?
    • - P'tite bitte !
    • - Si vous le prenez sur ce ton, servez-vous vous-même !

  • le potte est le "ventre bien rond qu’ont certains hommes à un certain âge".
    • Dire "salut mon potte !" à un Québécois est donc peut-être insultant.

  • roteux désigne des hot dogs et non des personnes souffrant de problèmes digestifs, contrairement à ce qu'un européen non averti aurait pu croire.

Voilà votre roteux ! Bon appétit !

  • se branler veut dire bouger, se dandiner.
    • Au Québec, il est socialement acceptable de se réunir pour se branler en rythme.

  • le sens des mots suçon et sucette sont inversés outre-Atlantique.
    • Faites donc attention à ce que vous demandez si vous voulez acheter une sucette au Québec.

  • zigoune désigne un cigare ou un mégot.
    • "Personne n'a vu ma zigoune ? Je l'avais en bouche il y a un instant."


Franchement, en voyant cette liste (loin d'être exhaustive), j'ai du mal à croire que ces expressions n'ont pas été inventées expressément pour infliger des malentendus embarassants aux Français/Québécois ayant la mauvaise idée de se rendre au Québec/en France.


Mes principales sources d'informations dans la rédaction de cet article ont été les deux liens suivants, que je vous invite à consulter si vous souhaitez agrandir votre vocabulaire québécois :

http://www.angelfire.com/pq/lexique/lexique.html

http://www.couleurs-quebec.com/decouverte-quebec/expressions-quebecoises.php


Pour terminer : une vidéo, une image et une citation :



Une très mauvaise parodie de l'accent et du vocabulaire québécois, par Les Nuls.



Les chandelles, ça va pas dans les oreilles.

Proverbe québécois

mardi 2 octobre 2007

Les grands moments de la politique

En cette période de grande incertitude dans la politique belge, j'ai pensé qu'il serait amusant d'essayer d'expliquer les complexités absurde de notre système politique et les raisons supposées de la crise de ménage entre la Wallonie et la Flandre.

Je me suis vite rendu compte que ce n'était pas très drôle, ni pour les Belges ni pour les autres lecteurs : les médias belges ont depuis longtemps fait le tour du sujet, et les médias étrangers ont compris dès le départ que les problèmes de politique intérieure belges passionnent moins leurs téléspectateurs qu'une partie de curling en bullet time.

Après des années d'étude, le professeur Tournesol a conclu que les blagues sur le thème "orange bleue" ont cessé d'être drôle il y a maintenant plusieurs semaines.


Quitte à aborder un sujet vaguement politique sans faire preuve d'une originalité débordante, je me suis dit que j'allais plutôt partager un véritable scoop avec vous :


BREAKING NEWS
Il a osé le dire !

Paul Binocle : "Les hommes politiques peuvent être amusants, parfois."


Cette déclaration stupéfiante a été prononcée par le bloggeur à lunettes ce mardi en début de soirée, alors qu'il rédigeait l'un de ses articles. Très choqués, ses trois lecteurs (et une mouche particulièrement sensible et loquace qui passait par là) ont immédiatement tenu à signaler leur désapprobation.

"Je suis très choquée", a déclaré Ferdinande P., lectrice du blog, "et je tiens immédiatement à signaler ma désapprobation."


Le personnage controversé avait déjà défrayé la chronique en 1999, lorsqu'il avait affirmé devant un public médusé que "il ne pleut peut-être pas tant que ça en Belgique".

Face à la réaction massivement négative de l'opinion publique, il fit alors croire à sa mort et se réfugia dans un petit village d'Amérique du Sud, d'où il fut chassé à coups de pierres quelques semaines plus tard pour avoir critiqué les pluies tropicales de la région.

"Il est évident que ma déclaration a été mal interprétée", a tenté de se défendre Paul Binocle. "Ce que je voulais dire, c'est que dans certaines circonstances, il arrive que des politiciens puissent paraître drôles, probablement involontairement, et selon les goûts humoristiques discutables de certaines personnes bizarres uniquement."

"De plus, je conteste la capacité de cette mouche soit-disant particulièrement « sensible et loquace » à porter un jugement valable sur mon travail. J'ai de très sérieuses raisons de soupçonner que cet individu a un intérêt malsain pour les excréments, ce qui jette à mon sens le discrédit sur son sens du goût."

Cette allusion peu délicate à leurs pratiques alimentaires peu hygiéniques aurait provoqué un suicide collectif de mouches.

"Pour terminer", a-t-il conclu, "je n'ai aucun remord à parler de moi à la troisième personne si j'estime que cela peut apporter quelque chose à un article, ni à justifier des vacances prolongées en Amérique du Sud par des explications douteuses."

Plus d'informations dans l'édition de ce soir.


Le plus triste est qu'un tel article mériterait plus de faire la première page des journaux belges que les innombrables articles sur "pourquoi les Flamands en veulent aux Wallons", "est-ce la fin de la Belgique ?" ou "mille sondages sans intérêt pour comparer les dentifrices préférés des Wallons et des Flamands : des points de vue inconciliable ?".


Même si cela peut paraître difficile à croire, les hommes politiques peuvent effectivement être drôles, à condition que des conditions très particulières soient réunies :
  • il faut qu'ils aient bu, ou tentent de parler anglais (ou les deux !)
  • ils ne doivent pas être en train d'essayer d'être drôles. Un politicien ne peut être drôle volontairement.
  • la scène doit être filmée, sans quoi les éventuels témoins seront accusés de mensonge ou d'hallucination collective.


Pièce à conviction n°1 - les bilingues



Le premier ministre de l'époque, Jean-Pierre Raffarin, tente de convaincre les Français de voter pour la constitution européenne.
"Win the yes needs the no to win against the no."




Le président Jacques Chirac perd son sang-froid et son accent anglais lors d'un voyage en Israël.
"This is not a method. Please, you stop now."




Le président Sarkozy tente de convaincre des investisseurs.
"We will be happy to help you make money in France... and of course, to make some money with you - for us !", mais c'est surtout l'accent qui fait le charme de la scène.




Pièce à conviction n°2 - les buveurs



Pour ne pas changer de personnage : le même président lors du G8, après un entretien avec Vladimir Poutine.




L'incroyable Michel Daerden, homme politique belge qui ne boit pas forcément que de l'eau, et star internationale sur internet.



Le même Michel Daerden expliquant... quelque chose.



Au prochain épisode : Paul Binocle se fait lyncher pour avoir suggéré que "George W. Bush n'a peut-être pas que des idées désastreuses, après tout."


Pas plus que d'habitude !


Daerden, en réponse à la question "aviez-vous bu le soir des élections ?"

samedi 29 septembre 2007

La mode masculine - hiver 2007

Les gens se moquent souvent des défilés de mode féminins, où de jeunes filles squelettiques portent avec une élégance surnaturelle des robes aussi peu pratiques que géométriquement impossibles et des chapeaux plus ridicules que ceux de la plupart des familles royales d'Europe.

Pour une raison obscure, les critiques semblent moins s'intéresser à la mode masculine. J'entends aujourd'hui réparer cette injustice, en partageant avec vous ce que les plus grands couturiers de la planète ont produit de mieux en matière de vêtements ridicules et au prix outrageusement élevé.


Note préalable : toutes les images figurant dans cet article représentent des individus de sexe masculin. Elles ont été scannées du weekend - Le Vif/L'Express n°39, "Spécial homme".
Vous pouvez agrandir ces images en cliquant dessus (désolé pour le moiré, mon scanner n'est pas extraordinaire).



Dior inaugure la nouvelle tendance "j'ai dormi sur un passage pour piéton".


Dries Van Noten ose le style "le pull de maman est encore un peu trop grand pour moi".
Etienne Tordoir/SDP


Dolce&Gabbana s'engage à limiter les accidents de travail grâce à son costume antifeu.
Etienne Tordoir


Les risques du direct : ce modèle d'Alexander McQueen a oublié d'enlever son veston de son emballage plastique.
Etienne Tordoir/SDP



Gucci mise sur des valeurs sûres, en affublant des jeunes hommes de vêtements ayant appartenus aux Spice Girls.
Etienne Tordoir



Prada nous promet un avenir utopique, où le look "piscine municipale" sera aussi la mode sur la terre ferme.
Etienne Tordoir


Gianfranco Ferré est nostalgique de l'époque où, quand un homme tuait un bison à coup d'outils rudimentaires, il gagnait le droit de se faire un trench coat avec la peau de l'animal.
(c'était, visiblement, une époque antérieure à l'invention du peigne)
Etienne Tordoir


Prada est tombé à cours de moutons à tuer à main nue et n'a pas pu ajouter des manches à son pull.
Etienne Tordoir/SDP


Jean Paul Gautier a confondu les mots "masculin" et "féminin".
Etienne Tordoir/SDP


De même, "Dior homme" a des cheveux un peu moins longs que "Dior femme".
Etienne Tordoir


Alexander McQueen tente de lancer la mode "ninja urbain", avec sac à main assorti pour ranger courses et shurikens.
Etienne Tordoir


John Galliano contre-attaque avec le "samouraï des décharges publiques", un style qui deviendra probablement très à la mode dans toutes les zones où les portes font plus de trois mètres.
Etienne Tordoir/SDP



John Galliano mise sur l'arrivée prochaine de l'apocalypse pour lancer le look "survivant récupérateur des déchets des ruines de notre civilisation décadente".
Elle vaut la peine d'être vue en grand, pour mieux distinguer la subtilité dans la répartition des trous et les prises parfaitement inutiles qui pendent au pantalon.



Voilà pour aujourd'hui !

Pour terminer, une image et une citation :

Un tatouage simple, discret et de bon goût.


La beauté est dans l'oeil du spectateur