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vendredi 29 mai 2009

A propos de PFRN

Si vous n'êtes pas membre de PFRN, ce message ne vous intéresse pas et la dernière mise à jour de ce blog est ici.

Pour les membres de PFRN : un floodeur a attaqué le forum hier ce qui a mené à la fermeture temporaire du forum (...par bannissement momentané de tous ses membres). Tout est à présent rentré dans l'ordre.


Une prise d'écran envoyée par Nazca,
cliquez sur l'image pour l'agrandir

Que cela ne vous empêche pas de venir sur le chat de Napoléon si le coeur vous en dit : http://applets.teepi.net/applet.html
Remplacez "#teepi" par "#paranormal" et entrez un pseudo, puis cliquez sur "connexion".


Cela ne devrait pas non plus vous empêcher de lire ce blog - il y a même une partie paranormale !

Et des images idiotes en fin d'articles.



Le saviez-vous ? Malgré les apparences, ceci n'était pas un énorme coup de pub pour ce blog.

mardi 4 décembre 2007

Mes légendes urbaines préférées qui n'en sont pas

Les lecteurs les plus fidèles/observateurs d'entre vous semblent avoir remarqué que ce blog n'a pas été mis à jour la semaine dernière.

Je peux tout expliquer (et je ne dis pas seulement ça pour les mises à jour en retard).

Je pourrais vous dire que j'ai été trop occupé pour écrire une mise à jour correcte. Que ce blog m'est complètement sorti de la tête. Que les services secrets américains ont empêché la publication de mon dernier article, qui révélait un secret d'état (quelque chose du genre "George Bush n'est pas super fûté").

Cependant, ce serait un mensonge (en ce qui concerne la dernière proposition en tout cas). À la place, j'ai décidé de vous révéler l'existence de ma némésis, mon ennemi juré, l'incarnation du mal, le fléau humain, l'homme qui ne cède pas sa place aux vieilles dames dans les transports en commun :

Patrice Monocle est responsable de tous les maux de la Terre. La seconde guerre mondiale ? Patrice Monocle. La mort de la maman de Bambi ? Patrice Monocle. Le réchauffement climatique ? Patrice Monocle.
Ce blog n'a pas été mis à jour ? Patrice Monocle. Encore et toujours lui.



Sans transition - je pense avoir déjà mentionné que le site Snopes.com est la référence américaine en matière de légendes urbaines et autres canulars en tout genre (hoaxbuster étant la référence française).

Il m'arrive parfois de parcourir le site pour le plaisir de découvrir des légendes bizarres et d'élargir ma culture générale. J'ai cependant remarqué que les articles les plus intriguants ne concernaient pas les légendes elles-mêmes, mais bien les anecdotes authentiques tellement surprenantes qu'elles passent pour des légendes.


L'armée US recrute des amateurs de glace

1977, États-Unis d'Amérique. Un pays extraordinaire, où l'on peut trouver du fromage en spray, un service de livraison de glace gratuite aux enfants le jour de leur anniversaire et un système de conscription semi-aléatoire aux sources suspectes.

C'est de ces deux dernières choses qu'il sera question ici.

Mais, promis, je parlerai de fromage en spray une autre fois.
Image volée sur le blog Pia in New York

En 1977 donc, profitant d'une campagne de distribution de glaces aux enfants le jour de leur anniversaire, deux jeunes américains inventèrent une série d'enfants fictifs aux dates d'anniversaire étalées sur l'année et à l'adresse suspicieusement identique à la leur, afin de bénéficier, tout au long de l'année, de glaces gratuites livrées à domicile.

Sept ans plus tard, ils reçurent une lettre d'appel au service militaire... adressée à l'un de ces enfants fictifs. De toute évidence, le gouvernement avait racheté au marchand de glace la liste de noms, d'adresses et de dates de naissance pour repérer les éventuels resquilleurs qui auraient oublié de faire leur service militaire.

Cela provoqua un mini-scandale. Personnellement, je trouve surtout épatant que l'armée américaine soit allée chercher ses jeunes recrues parmi des amateurs de crème glacée :

Les vrais patriotes mangent des glaces parfumées à la liberté.


Un ingénieur anglais fait fortune au casino - grâce à la Science !

Les roulettes de casino fonctionnent-elles de manière totalement aléatoire ? Certains nombres sont-ils plus susceptibles de sortir que d'autres ?

Pour répondre à ces questions, par un beau jour de 1873, l'ingénieur anglais Joseph Jaggers a engagé six personnes pour prendre note de chaque numéro sélectionné par les roulettes d'un casino de Monte Carlo. Lors de l'analyse de ces nombres, il remarqua que sur une de ces roulettes, certains nombres sortaient six fois plus souvent que les lois des probabilités ne l'auraient voulu.

En exploitant ce défaut, il gagna près de 450000 dollars de l'époque en l'espace de quelques jours. Qui a dit que les statistiques ne servaient à rien ?

À la longue, peut-être les casinos de Monte Carlo apprendront-t-il à se méfier des anglais.


Un soldat américain reçoit une balle au visage - et survit

En règle générale, lorsqu'une personne reçoit une balle en pleine tête à bout portant, elle meurt sans trop se poser de questions.

Il existe apparemment des exceptions à cette règle (ou alors, des personnes qui un temps particulièrement long pour agoniser) : le sergent C, lorsqu'il s'est retrouvé nez à nez avec un soldat irakien et qu'il a entendu une détonation, a supposé que son ennemi avait raté sa cible. Ce dernier, médusé, s'est rendu, probablement persuadé que la propagande américaine présente dans "Superman" était véridique et que tous les étatsuniens pouvaient résister aux balles, voler et porter leur slip à l'extérieur de leur pantalon.

Voilà le genre de tête de gagnant qu'il faut avoir pour arrêter les balles.

Le secret du sergent C ? Une incisive qui a encaissé la balle, lui enlevant l'essentiel de son énergie cinétique et la détournant vers la mâchoire supérieure.

On peut d'ailleurs la voir sur cette radio, prise peu après les faits :

Et dire qu'il y a des gens qui trouvent bizarre la trajectoire de la balle qui a tué Kennedy...



Des Japonais inventent la pastèque cubique

Je l'ai déjà dit et je le dirai encore : le Japon n'est pas un pays comme les autres. D'après ce que m'ont appris les médias, c'est le premier exportateur mondial de jeux vidéos, de dessins animés provoquant des crises d'épilepsie, de robots géants et d'idées bizarres.

Certains d'entre vous se rappellent peut-être du canular bonsaikitten*, qui prétendait vendre des chats qui, placés dès leur plus jeune âge dans des bouteilles, avaient gardé la forme de leur réceptacle en grandissant.

On n'achète pas un chat dans un sac, mais une bouteille transparente est acceptable.

Dans la même ligne d'idée -mais ce n'est cette fois pas un canular- des agriculteurs Japonais ont décidé de faire grandir leurs pastèques dans des boîtes cubiques, de sorte à ce qu'elles adoptent cette forme et puissent plus facilement être rangées.

Merci le Japon !


Voilà pour aujourd'hui. Moralité : brossez-vous bien les dents, étudiez les mathématiques et méfiez-vous des glaces gratuites.

Pour terminer, une image :

Faut-il être Japonais pour essayer de vendre un produit appelé "Shito" à un public anglophone ?

mercredi 31 octobre 2007

Parce que vous aimez avoir peur

À l'approche de Halloween, j'entends beaucoup de gens expliquer que le succès de cette fête en Europe est en grande partie dû au fait que les gens, particulièrement les très jeunes, aiment se faire peur.

Halo-ween ?

C'est très probablement vrai, mais il convient de préciser deux choses : qu'il n'y a pas que les jeunes qui aiment se faire peur et surtout, que la plupart des gens se font peur tout au long de l'année et pas uniquement le soir du 31 octobre.

Ces derniers mois, on a beaucoup parlé du côté "vendeur" des sujets d'actualité qui font peur et de l'exploitation du sentiment d'insécurité par les médias. On en a tellement parlé, en fait, que je n'ai rien à ajouter là-dessus et que je vais aborder un sujet un peu différent :


Le top 10 des scénarios de fin du monde
Ou comment les magazines de vulgarisation scientifique arrivent encore à se vendre
Par Paul "le corbeau" Binocle


Qui n'a pas peur de la fin du monde ? Mourir est déjà une chose terrible, mais qu'y a-t-il de plus terrible que de voir toute son espèce s'éteindre avec soi ?

Apparemment, pas grand-chose, vu le succès que continuent à avoir les films catastrophe ou les magazines scientifiques lorsqu'ils annoncent l'imminence de l'apocalypse à cause d'un météore, d'un tsunami géant, d'un super-volcan ou de nuées de sauterelles enragées et en feu.



1. La mort du soleil

C'est la plus inévitable et la plus inintéressante des fins possibles de la vie sur Terre. D'ici trois à cinq milliards d'années, notre étoile préférée devrait avoir perdu pas mal de masse, gagné pas mal de volume et le thermostat de la planète bleue devrait commencer à grimper. Suffisamment grimper, en fait, pour provoquer l'évaporation de nos océans et transformer la Terre en un caillou sec, brûlant et inhospitalier.

C'est trop lointain pour faire peur à qui que ce soit, trop lent pour faire un film intéressant et, de toute façon, on suppose que d'ici là, l'humanité aura colonisé d'autres planètes, appris à réparer un soleil en fin de vie et inventé un frigo suffisamment grand pour pouvoir y ranger une planète.

Les plus :
+ Cela n'arrivera pas avant longtemps

Les moins :
- Ce sera terriblement ennuyeux

Passionnant.

Probabilité : inévitable.



2. Un météore dans le pif

C'est un indémodable classique, l'alpha et l'oméga du film catastrophe. La coupable : une grosse météorite qui passe dans le secteur. La victime : la Terre, ou en tout cas une très grande partie des espèces qui y vivent.

Où est Bruce Willis quand on a besoin de lui ?

Les individus ayant le malheur de survivre à l'explosion (correspondant à X fois la bombe atomique d'Hiroshima) gagneront le privilège d'habiter dans un monde sans soleil -et sans photosynthèse- le temps que la quantité énorme de poussières soulevées par la catastrophe se redépose.

À titre indicatif, c'est ce qui aurait provoqué la disparition des dinosaures à la fin du Crétacé.


Ce machin-là avait six tonnes de muscles, de griffes et de dents de plus que nous et cela ne l'a pas empêché de se faire ratatiner par un gros caillou intersidéral.
Aussi : la gallerie des dinosaures du museum des sciences naturelles de Bruxelles est rouverte. Vous devriez aller la voir.

Les plus :
+ Si on survit à l'impact initial, on n'aura plus à craindre les coups de soleil pendant un moment

+ Peut-être que des astronautes nous sauverons héroïquement en détruisant l'astéroïde avant qu'il ne nous atteigne

Les moins :
- On nous annonce des risques de collision toutes les quelques années, ce qui finit par devenir lassant

Probabilité : des impacts très peu probables sont annoncés régulièrement. La menace la plus vraisemblable à l'heure actuelle est celle posée par l'astéroïde (29075) 1950 DA, qui a une chance sur 300 d'entrer en collision avec la Terre... en l'an 2880.



3. La "vengeance" de "la nature"

Dans les années 60, un chimiste appelé James Lovelock a émis l'hypothèse que la Terre et l'ensemble de ses habitants peut être comparé à un être vivant, dans le sens où ces êtres vivants ont une influence sur l'environnement qui a elle-même une influence positive sur la prolifération des êtres vivants.
Autrement dit, il existerait une interaction régulatrice entre l'ensemble des êtres vivants et leur environnement.

Le problème, c'est que cette hypothèse est non seulement non prouvée (pour ne pas dire très vivement critiquée), mais aussi qu'elle a été mal comprise par le grand public et détournée pour devenir "il est scientifiquement raisonnable de personnifier la nature et elle va nous en coller une si on continue à la maltraiter".

Par conséquent, certains en sont venus à considérer que "Dame Nature" est une sorte d'organisme conscient et en colère qui va faire payer à l'Humanité les outrages qu'elle lui a infligés.

Après "le Soleil devient une géante rouge", voici "l'Humanité terrassée par le géant vert".

Loin de moi l'idée de nier l'importance de l'écologie, la réalité du réchauffement climatique et de sa composante anthropique ou, plus globalement, l'impact négatif de l'Homme sur la planète, mais il est loufoque d'attribuer les catastrophes naturelles à une "volonté destructrice" de la nature.

L'effet destructeur que nous avons sur notre environnement est une mauvaise chose et compromet notre survie en temps qu'espèce à long terme, mais ce n'est pas une raison pour mystifier ce phénomène et voir dans la moindre catastrophe naturelle la "main de la nature qui se venge".

Les plus :
+ Si Dame Nature a sans aucun doute un plan en tête et va certainement nous remplacer par une autre espèce intelligente, de la même manière qu'elle avait remplacé les dinosaures avant nous.

Les moins :
- Dame Nature a un sale caractère et va provoquer des tremblements de terre, des ouragans et des tsunamis pour nous punir.

Probabilité : importante si on s'intéresse à l'impact de l'Homme sur son environnement, risible si on décide de considérer ledit environnement comme une entité revancharde qui veut nous faire payer le mal qui lui a été fait.



4. Un conflit nucléaire mondial

Encore une fois, c'est un classique : lors d'une crise de ménage, deux pays décident de s'échanger quelques armes nucléaires d'une manière peu pacifique et, après quelques explosions et un hiver nucléaire, la Terre se retrouve polluée par les radiations pour les millénaires à venir.



Les plus :
+ Les survivants vont probablement muter sous l'effet des radiations, ce qui leur confèrera peut-être des super-pouvoirs

Les moins :
- Je n'ai pas encore entendu parler des super-héros de Tchernobyl, mais cela va peut-être venir

Probabilité : en chute depuis la fin de la guerre froide.




5. Le megatsunami

Les évènements récents ont aidé à populariser le tsunami et accru la peur du megatsunami, raz-de marée géant. Un tel phénomène pourrait être causé par la chute d'une météorite, un tremblement de terre ou un important glissement de terrain provoqué par une éruption volcanique et se manifester par une vague de plus de cent mètres.

Bienvenue en Thaïlande !

Pendant un temps, on a cru qu'une éruption volcanique sur l'île de La Palma (Canaries) pourrait provoquer la chûte d'une partie de l'île dans l'océan et un megatsunami dévastateur jusqu'aux côtes américaines, mais cette théorie est actuellement en perte de vitesse.

Les plus :
+ Votre-ville-les-bains, c'est peut-être pour demain.

Les moins :
- Ce n'est pas un scénario de "fin du monde" très convaincant.

Probabilité : faible.



6. Le supervolcan

Après le Megatsunami, le Supervolcan ! (je vous ai épargné l'hyper-tremblement de terre et l'ultra-incendie de forêt)

Est-il utile que j'explique qu'un supervolcan est un volcan qui dégage une grande quantité de lave et de cendres ?
Ces cendres, en bloquant le rayonnement du soleil, modifieront le climat planétaire et provoqueront un "hiver volcanique", avant de recouvrir le sol en une épaisse couche.

Ceci est un volcan.

Ce phénomène aurait été à l'origine, il y a 75000 ans, de la disparition de 60% des êtres vivants de l'époque.

Les plus :
+ Le refroidissement accompagnant l'hiver volcanique compenserait peut-être momentanément la tendance au réchauffement climatique.
+ Une fois que l'atmosphère sera remplie de cendres, le fait de fumer ne paraîtra plus aussi mauvais pour la santé.

Les moins :
- Il paraît que les plantes ont besoin de soleil, poussent mal dans la cendre et sont un des maillons essentiels de la chaîne alimentaire qui nous maintient en vie.

Probabilité : réelle.




8. L'arrivée de l'antéchrist et autres variantes

L'antéchrist est un personnage récurrent dans les prédictions apocalyptiques modernes, mais chacun semble en avoir une vision très personnelle. Les seules constantes sont que :
1) il s'agit du mal incarné
2) il provoquera (ou arrivera peu avant) l'apocalypse

L'antéchrist porte un visage humain, mais ne vous inquiétez pas, il est aisément reconnaissable à ses cornes.

À partir de là, toutes les variations sont possibles. Il est en vogue de considérer que les puces RFID (des puces d'identification à distance qui pourraient être implantées sous la peau) seront l'intrument qu'utilisera l'antéchrist pour réduire les masses en esclavage et mettre en place un Nouvel Ordre Mondial infiniment diabolique.

Selon les versions et les époques, l'antéchrist serait Bill Gates, Bill Clinton, George W. Bush, le Prince Charles (puisque le folklore des théories conspirationnistes veut qu'il soit un sataniste et/ou un extraterrestre de la race des reptiliens), Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy.

Pour d'autres, l'antéchrist n'est pas encore né et la fin du monde n'est par conséquent pas encore imminente, ce qui est un peu moins vendeur.

D'après ce site, le prince Harry est l'antéchrist.
Le pire, c'est ce que je pense que l'auteur croit à ce qu'il dit.

Les plus :
+ Dans le christianisme, la venue de l'antéchrist a lieu peu avant l'apocalypse, au cours de laquelle les gens biens accèdent à la félicité éternelle.

Les moins :
- Si vous avez voté pour l'antéchrist, vous irez probablement en enfer quand même.

Probabilité : nulle si vous n'êtes pas croyant.



9. L'invasion extraterrestre

Nous ne les avons jamais vus, nous ne sommes même pas sûrs qu'ils existent et, pourtant, ils nous passionnent et font peur : il est donc logique que les extraterrestres apparaissent dans cette liste.

Les extraterrestres aiment : disséquer des vaches, se faire prendre en photo, conquérir le monde et les longues promenade au bord de l'eau.

Que ce soit pour exploiter les ressources de la Terre, nous réduire en esclavage ou sauver l'univers de la menace que nous représentons pour la nature (variante écoterroriste), il ne fait presque aucun doute que les extraterrestres pourraient facilement anéantir l'humanité s'ils en avaient envie et existaient.

Cependant, il n'y a pas de raison de s'inquiéter, d'après Hollywood : si certains films catastrophe se terminent mal, la quasi-totalité des histoires d'invasion extraterrestres s'achèvent sur une victoire totale de l'espèce humaine.

S'il y a une chose que le cinéma m'a appris, c'est que les extraterrestres meurent dès qu'ils attrapent un rhume ou qu'on leur lance un verre d'eau au visage.


Autrement dit, nous avons plus à craindre d'un gros caillou venu de l'espace que d'une flotte entière de vaisseaux prévus pour nous détruire et pilotés par des êtres intelligents.

Les plus :
+ Cela relancera la popularité des forums sur le paranormal.

Les moins :
- Il n'y aura plus personne pour poster sur les forums sur le paranormal.

Probabilité : inconnue, mais probablement très faible.



10. La fin du calendrier Maya, l'ère du Verseau et autres soupes New Age

La fin du monde est pour 2012 !
C'est du moins ce que certains déduisent du fait que le cycle le plus long (26000 ans tout de même !) du calendrier Maya s'achève le 21 décembre 2012.

À cela, il faut ajouter que :
  • certains prétendent qu'un alignement planétaire exceptionnel est censé arriver ce jour-là, ce qui ne sera pas le cas (à moins que les astres décident brutalement d'ignorer les lois de la physique pour se ranger plus harmonieusement d'ici là).



  • beaucoup pensent qu'une prophétie maya annonce la fin du monde pour le 21 décembre 2012, ou que le calendrier maya se termine ce jour là (dans le sens où il n'a pas été conçu pour continuer après, comme si le 21-12-2012 devait être le dernier jour de la Terre). Ces deux idées sont fausses : en réalité, il s'agit simplement de la fin du cycle le plus long de leur calendrier. Autrement dit, croire que la fin du monde aura lieu le 21 décembre 2012 n'est pas plus pertinent que de croire qu'elle aurait dû avoir lieu à la fin d'un millénaire. Aux dernières nouvelles, la fin du monde n'a eu lieu ni en l'an mil ni en 2000.

  • même si les astrologues ne sont pas forcément d'accord là-dessus, une certaine "ère du Verseau" devrait commencer en 2012 et être marquée par de "grands changements spirituels".
    Pour d'autres, cette ère aurait déjà commencé : il n'existe semble-t-il pas de définition claire de ce que l'ère du Verseau est censé être, ce qui rend arbitraire la date de son commencement.

Vu que je m'y connais vraisemblablement plus en astronomie que la plupart des astrologues, je décrète que nous venons de quitter l'ère du Verseau pour entrer dans celle du renard.


Les plus :
+ Cela donne une excuse supplémentaire pour faire la fête en décembre et se réjouir du fait qu'il ne se passera rien ce jour-là.

Les moins :
- Il risque tout de même d'y avoir pas mal de suicides collectifs le 21 décembre 2012, ce qui gâchera peut-être un peu l'ambiance.

Probabilité : quasi nulle, puisqu'il ne s'agit pas réellement de la fin du calendrier Maya, qu'il n'y a pas de raison de penser que ce calendrier soit meilleur qu'un autre et que les autres bruits courant au sujet du 21/12/2012 semblent complètement infondés.


Voilà pour aujourd'hui ! Vous êtes invités à me contacter pour contester l'ordre totalement arbitraire de cette liste, me signaler qu'il n'y figure que neuf scénarii de fin du monde ou m'expliquer pourquoi je devrais à tout prix purifier mon âme par lithothérapie avant la fin 2012.

Une image et une citation :

Un chat remarquablement déguisé pour Halloween.

La fin du monde n'est pas encore pour demain.


Tite-Live

mercredi 26 septembre 2007

Étude et prévention du phénomène sectaire

ATTENTION - Le texte qui suit est un dossier sérieux et a été rédigé par Chimère, que les utilisateurs du forum de paranormal-fr.net connaissent bien.

En conséquence, il est différent des articles publiés habituellement sur ce blog (comment ça, "mieux" ?).


Ce dossier me semble particulièrement d'actualité, au vu des poursuites en cours contre l'église de scientologie en Belgique. Bien que l'article ait été écrit par une Française et à l'attention d'un public de la même nationalité, il me semble tout aussi intéressant pour les Belges, Québécois, Suisses et autres francophones qui visitent ce blog.

Les illustrations et leurs légendes ont été choisies par mes soins et approuvées par Chimère.

Bref, sans plus attendre, voici donc :


Étude et prévention du phénomène sectaire
Par Chimère


Introduction

D’un point de vue purement historique, on peut dire que les sectes existent depuis plus de 2000 ans, voire qu’elles ont vu le jour avec les grandes religions. Mais ce n’est que depuis le début du 20ème siècle qu’elles enflamment l’actualité et déchaînent les passions. En effet, jusqu’alors, ce phénomène se limitait au champ théologique et historique.

Depuis la tragédie de Jonestown au Guyana qui fit 912 morts en novembre 1978, les pouvoirs publics ont pris en compte l’ampleur du phénomène, devant faire souvent aveu d’impuissance à l’annonce d’un nouveau « suicide collectif ».

Une partie des victimes de Jonestown.

Car le phénomène sectaire pose de nombreuses questions :

Comment des individus intelligents, cultivés se laissent-ils embrigader dans des groupes fermés, où ils perdent toute identité et finissent par se suicider pour rejoindre une autre planète, ou laissent mourir leur propre enfant au nom d’une idéologie glorifiant Dame Nature ?

Notre société est-elle à ce point vide de sens et de rêve pour que certains cèdent aux sirènes sournoises de groupes dangereux, et ce malgré les campagnes d’information et de prévention ?

De plus, comment lutter efficacement contre ces groupes sans pour autant mettre en péril le principe de laïcité, fondement de notre République ?

Une commission parlementaire a mené une enquête – jugée par certains commentateurs comme trop rapide – et rendu en 1995 un rapport vivement critiqué : pas d’audition d’universitaires spécialistes des groupes sectaires, ni de dirigeants de ces supposées « sectes » ( ce qui constitue un manquement grave au principe du contradictoire ), et au final la publication d’une « liste officielle » amalgamant – sans enquête approfondie ni précaution méthodologique – des groupes très divers dont certains n’avaient rien à voir avec des sectes, et ceci sans compter les accusations à l’emporte-pièce sur des plateaux de télévision.


Le rapport complet de la commission parlementaire est disponible en ligne : [Lien]


Devant ce brouillard médiatique et juridique, où se mêlent véritables tragédies collectives et personnelles, et « chasse aux sorcières », la plupart des gens n’arrivent pas à s’y retrouver.

Nous allons tenter de dissiper un peu ce brouillard en répondant à des questions nombreuses et complexes :

  • Qu’est-ce qu’une secte ?
  • Pourquoi et comment les adeptes se laissent-ils à ce point manipuler ?
  • Comment le « gourou » exerce-t-il son emprise sur son mouvement ?
  • Toutes les sectes sont-elles dangereuses ?

Et enfin, comment lutter efficacement contre des groupements qui exploitent des personnes avec leur propre consentement, tout en conciliant les principes fondamentaux des sociétés laïques et démocratiques ?



I. Qu'est-ce qu'une secte ?
Qu'entendons-nous par "secte" aujourd'hui ?


1.Définition, étymologie et évolution

L’étymologie du mot « secte » est double et ambiguë.

Pour les uns, le terme viendrait du latin « secare » signifiant « couper » c’est-à-dire se couper des religions « officielles ».

Pour d’autre, le mot viendrait du latin « sequi » ou « sequere » signifiant « venir derrière » ou « suivre », c’est-à-dire suivre un nouveau dogme ou un nouveau maître.

Les dictionnaires ne sont pas d’un grand secours, on peut y lire les définitions suivantes : « groupe organisé composé de personnes ayant une même doctrine au sein d’une religion » ou « ensemble de personnes professant une même doctrine philosophique ».

De plus, il n’existe pas de définition juridique de la secte.

Mais, le sens du mot « secte » a progressivement glissé.

En effet, la première étude sociologique de phénomène à été faite au début du 20ème siècle par les sociologues et théologiens allemands Max WEBER et Ernst TROELTSH, qui ont élaboré une typologie comparative de manière à séparer la « secte » de la « religion ».


Max Weber en 1864

Pour WEBER, la secte serait un « groupement contractuel de volontaires, ayant en commun certaines expériences religieuses ou autre, et dont le corps ainsi fermé tirerait sa légitimation des liens créés entre les membres ou adhérents et non d’une entité extérieure au groupe. »

Aujourd’hui, du fait de la multiplication des nouveaux mouvements religieux et des drames causés par certaines sectes, ainsi que du battage médiatique qui en a résulté, il apparaît clair que cette définition purement sociologique est insuffisante, car elle a pour effet de mêler de simples groupes ayant pour objet la recherche spirituelle et ésotérique et de véritables entités destructrices et dangereuses.


Néanmoins deux définitions émanant d’organismes officiels peuvent être retenues.

La première a été donnée en Janvier 2000 par la MILS ( Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes ) : « La secte est une association de structure totalitaire, déclarant ou non des objectifs religieux et dont le comportement porte atteinte aux droits de l’Homme et à l’équilibre social. »

Site officiel du MIVILUDE (ex MILS) : [Lien]

La seconde provient d’une loi belge de 1998 : « Tout groupement à vocation philosophique ou religieuse, ou se prétendant tel, qui, dans son organisation ou sa pratique, se livre à des activités illégales, dommageables, nuit aux individus ou à la société ou porte atteinte à la dignité humaine. »


2. Les différents types de sectes

Bien que nombreuses et très diversifiées, la plupart des sectes ne comptent en réalité que peu d’adeptes ( entre une dizaine et une centaine d’individus maximum ) et les sectes ayant un réel rayonnement international sont au contraire peu nombreuses.

Si les classifications peuvent varier en fonction des ouvrages et des auteurs, on retient le plus généralement 13 familles classées en fonction de leurs doctrines ou de leur but, mais il est possible qu’une même secte puisse appartenir à 2 ou même plusieurs de ces familles :

  • Les alternatives :
    • Elles proposent une organisation radicalement différente de la société.
  • Les évangélistes :
    • Émanations extrêmes des églises réformées ( protestantes ) où le pasteur joue le rôle de gourou.
  • Les guérisseuses :
    • Elles utilisent des thérapies faisant appel à des procédés irrationnel pour vaincre les maladies incurables les plus graves.
  • Les néo-païennes :
    • Elles cherchent à rétablir les cultes d’avant le Christianisme.
  • Les new-age :
    • Elles préparent l’arrivée d’une nouvelle ère : celle du Verseau, néo-spiritualiste et fortement empreinte de millénarisme.
  • Les occultistes :
    • Elles pratiquent les sciences occultes les plus diverses ( astrologie, alchimie, magie… )
  • Les orientalistes :
    • Inspirées des religions orientales ( Bouddhisme, Hindouisme, Taoïsme, Shintoïsme…), toujours guidées par les lumières du Gourou.
  • Les apocalyptiques :
    • Elles annoncent l’Apocalypse et offrent à leurs adeptes le moyen d’y échapper.
L’Église véritable et vivante de Jésus-Christ des saints des derniers jours, généralement considérée comme une secte apocalyptique.

  • Les psychanalytiques ou pseudo-psychanalyques :
    • Elles utilisent des techniques de psychologie ou de parapsychologie opposées à la psychanalyse et à la psychologie classiques.
  • Les sataniques et lucifériennes :
    • Annoncent l’avènement et pratiquent le culte de Satan.
  • Les syncrétiques :
    • Mélangent des traditions spirituelles très différentes.
  • Les ufologiques ou soucoupistes :
    • Font des extraterrestres les créateurs de l’Humanité et/ou communiquent avec eux pour les accueillir et/ou préparer le départ sur une autre planète.

Si cette classification a le mérite de rendre les choses plus claires, il ne faut pas omettre de préciser qu’un groupement ne peut être qualifié de secte sur le seul fondement de croyances ou de philosophie jugées par trop « originales » ou simplement ne s’accordant pas avec la pensée rationnelle communément admise.




II. IDEES REÇUES ET VRAIS DANGERS

Une cage est partie à la recherche d’un oiseau.

Franz KAFKA, Aphorismes


1. Idées reçues : entre inconscience et paranoïa

Du fait des amalgames et raccourcis opérés par les médias, le grand public méconnaît largement l’étendue et la réalité du phénomène des sectes. Soit il est victime d’une large désinformation qui fait de lui la proie rêvée de sectes réellement dangereuses, soit son rejet de toute spiritualité confine à la paranoïa.


a) Les sectes ne sont pas partout

En effet, les religions établies, comme les groupements ou associations ayant pour objet la recherche spirituelle ne sont pas des sectes.

Le véritable problème de la lutte contre les sectes soit se situer au niveau des principes des Droits de l’Homme, et pas pour des questions idéologiques ou théologiques, car ce serait transformer cette lutte, au demeurant légitime, en fanatisme.

De plus, bien que certaines sectes utilisent les appellations « médecines douces » ou « alternatives » , il convient de ne pas s’enferrer dans un antagonisme médecine allopathique/médecine alternative. En effet, de nombreux laboratoires « bien sous tous rapports » commercialisent de tels produits en toute légalité, tout comme la plupart des pays de l’Union Européenne se sont engagés sur la voie de la reconnaissance des médecines alternatives.


Les Laboratoires Boiron, entreprise pharmaceutique homéopathique française, est la 116ème plus grande fortune du pays.


b) Appartenir à une communauté, c’est appartenir à une secte

Là encore, il ne faut pas tout mélanger. On peut parfaitement s’engager dans une congrégation religieuse sans pour autant se retrouver « prisonnier » : sœurs et moines peuvent en toute liberté revenir à la vie civile, une retraite dans une école Bouddhiste n’est pas en soi un point de non-retour.

À l’inverse, bien que largement basées sur le principe communautaire, toutes les sectes ne vivent pas totalement coupées du monde, car elles savent que pour recruter et s’enrichir, il était préférable de prendre une part active dans la cité et dans la vie professionnelle.

Ainsi, la MILS aurait recensé en France entre 15 et 40 sectes infiltrant les entreprises, et aurait même identifié un syndicat jugé « pro-secte » : le Syndicat Européen contre la Discrimination dans le Travail.


À ce jour, on ne compte en France que 2 sectes vivant en rupture totale avec le monde extérieur :

  • Tabitha’s Place
    • D’origine américaine, basée dans les Pyrénées-Atlantiques. Secte apocalyptique fondée sur une lecture littérale de la Bible. Suite à la mort d’un enfant dû au refus de la médecine traditionnelle, la secte s’est disséminée, mais aurait été refondée sous le nom de La Ferme.

Le manoir de Navarrenx, qui abritait la communauté.
Image : etsectera.org

  • Horus
    • Basée dans la Drôme, à la Coucourde, communauté agraire dirigée par une femme : Marie-Thérèse Castano dite Maïté. Refus de la médecine traditionnelle, soins par captation des « ondes positives » grâce à des cristaux ou des dessins occultes sur le corps des patients.


c) Pour entrer dans une secte, il faut être fou ou faible d’esprit.

C’est totalement faux… Personne ne peut se dire par avance à l’abri des sectes. Toutes les sectes, même celles dont les doctrines peuvent sembler les plus abracadabrantes, comptent parmi leurs membres des médecins, des avocats ou des ingénieurs.

Chacun peut se faire prendre un jour, quand bien-mêmes nous serions cartésiens et très diplômés : ainsi le cas d’un jeune étudiant athée, assez provocateur pour aller narguer les Moonistes chez eux. Deux jours plus tard, il écrivait à sa petite amie pour lui faire part de sa conversion : « Peux-tu imaginer qu’il y a quelques heures seulement, je ne croyais pas en Dieu ? Je suis devenu en un instant un passionné de Dieu. J’ai du mal à m’y habituer moi-même. Un tel changement en un instant. Incroyable…mais VRAI. »

En effet, si le manque de culture ne justifie pas la fragilité devant le discours sectaire, l’inverse est vrai également. Car la raison ultime de la captation par une secte tient à ce que son discours parle au cœur, à l’émotion plus qu’à l’intellect.


Et les chiffres le prouvent : un quart des diplômés de l’Université du Québec appartiennent à des mouvements sectaires ( NB : des mouvements répertoriés comme secte en France ne sont pas considérés comme tels au Québec. ) car en général ces personnes souffrent d’un sentiment d’isolement qui les rend vulnérables au message des sectes. De plus, ils sont plus en recherche d’idéalisme, de vertus « fortes », et d’absolu.



2. Comment devient-on adepte ?


Nous l’avons vu, un niveau intellectuel élevé ne préserve en rien des sectes, puisque celles-ci s’adressent plus à l’émotionnel qu’à la raison.

Dès lors, comment reconnaître le discours sectaire d’un discours simplement associatif ?


a) La personnalité du gourou

Je pense donc tu suis.

Pierre DESPROGES, Fonds de Tiroirs.

Le véritable maître n’est pas celui qui a le plus de disciples, c’est celui qui a formé le plus de maîtres.

LAO-TSEU


Au plan étymologique et historique, le mot « gourou » vient du sanskrit ( langue ancienne de l’Inde ), « guru » signifiant vénérable, c’est-à-dire un maître spirituel ou religieux autour duquel sont regroupés les disciples. Dans le contexte ancien, le vénérable ne fait de prosélytisme et dispense gratuitement son enseignement, son seul but étant l’épanouissement spirituel de l’adepte.


Force est de constater que dans les sectes actuelles, le « gourou » n’a plus grand-chose à voir avec un maître sage et généreux. Cette différence est pertinemment illustrée par les propos de la fille de Gilbert Bourdin « messie cosmoplanétaire de synthèse » qui régna jusqu’à sa mort sur le Madarom : « Ce paysage n’existe que dans sa folie. Ceux qui entrent là-dedans trouvent quoi ? La foudre. Ils ne servent ni Dieu, ni eux-mêmes mais l’intérêt de cet homme. Mère Teresa, quand elle fait un pas dans la rue à Calcutta, tout le monde sait que c’est pour s’occuper des autres. Lui, Gilbert Bourdin, il ne sort que pour s’occuper de lui-même. »


Statue à l'effigie de Gilbert Bourdin, fondateur de l'Aumisme.

Le gourou, bien qu’ayant un QI dans la moyenne voire plus élevé que dans la moyenne, n’en apparaissent pas moins comme souffrant de graves névroses : allant de la mégalomanie en passant par l’autoritarisme forcené et la mythomanie ( s’inventant par exemple des pouvoirs supranormaux, une ascendance extraordinaire – voire se disant le fils de Dieu - ou une œuvre littéraire ou artistique d’une abondance stupéfiante ) pour aller jusqu’au délire de persécution.


Mais, il n’y a pas de gourou sans adeptes, et il existe une interaction entre le gourou et son/ses adeptes.

En effet, comme le souligne le Docteur ABGRALL ( psychiatre spécialiste des phénomènes sectaires ) : « Il n’y a pas de gourou sans adeptes, ni d’adeptes sans gourou. Le gourou attire les adeptes et adeptes créent le gourou. Ils le créent Dieu pour répondre à leurs propres besoins. Ainsi, en permanence, le gourou et l’adepte s’entretiennent mutuellement. »

Jean-Marie Abgrall, criminologue et médecin psychiatre.

Ainsi, la victime ne se plie à la volonté de son bourreau que si par ailleurs il répond à certains de ses besoins et colle à l’image qu’elle se fait de lui. Revêtu de tous les fantasmes et espoirs de ses adeptes, le gourou devient en quelque sorte le noyau de la secte, et le cercle le plus proche, celui des « initiés » l’aide en cela, lui prêtant toutes sortes de pouvoirs et de qualités en l’entourant d’une aura de mystère et de puissance.


b) Endoctrinement et méthodes de manipulations mentales.

Les sectes n’utilisent pas toutes les mêmes méthodes pour repérer leur public et l’attirer vers elles. Mais, on peut malgré cela repérer une constante : la secte se pare de tous les atouts d’une séduction de façade, et l’embrigadement ce fait petit à petit, sans que l’adepte de s’en rende compte.

Ainsi l’écrivait Jeannie Mills, ex-membre du Temple du Peuple : « Quand vous rencontrez les gens les plus amicaux que vous ayez jamais connus, qui vous amènent dans le groupe le plus chaleureux que vous ayez jamais rencontré et que vous trouver le leader être la personne la plus inspirée, la plus attentionnée, la plus pleine de compassion et de compréhension que vous ayez jamais rencontrée, et qu’alors vous apprenez que l’objectif du groupe est quelque chose que vous n’auriez jamais espéré voir se réaliser, et que tout cela semble trop beau pour être vrai… c’est probablement aussi trop beau pour être vrai ! »


C’est donc en règle générale la chaleur du groupe et de son encadrement qui « aspire » l’adepte, une fois passée la phase d’appel.

On appelle cela le « love-bombing » ou « bombardement d’amour » ( voir annexe ).

Le « nouveau » est ainsi entouré de personnes aimantes qui le parent de qualités qu’il ne soupçonne pas lui-même. Peu à peu, les autres adeptes vont lui dire qu’il est « trop bien » pour le monde extérieur, puis pour sa famille. A ce stade, c’est déjà trop tard, car « drogué » par tout « l’amour » qu’on lui a prodigué, l’adepte ne peut plus revenir en arrière.


En général, les débuts dans la secte sont une véritable « lune de miel ». L’adepte se sent mieux, plus épanoui. S’il fumait, il ne fume plus, s’il se droguait, il ne se drogue plus. Peu à peu, il va changer : devenir propre, angélique, souriant, ce qui cause l’émerveillement de ses parents et amis naïfs.

Or, c’est bel et bien cette « radieuse insensibilité » de l’adepte qui doit être inquiétante, car l’individu a en cela perdu sa personnalité propre tout ayant une façade de normalité.



3. Les dangers des sectes et leurs conséquences


Les grands drames causés par les sectes :

Date - Lieu / Secte / Nombre de morts (Circonstances)

  • 18/11/1978 - Jonestown, Guyana / Temple du peuple / 923 (suicides)
  • 03/06/1983 - Smithville, Arkansas / Groupe Comitatus / 2 (affrontements)
  • 15/05/1985 - Philadelphie, Pensylvanie / Move / 11 (affrontements)
  • 19/09/1985 - Mindanao, Philippines / Datu Mangayanon / 60 (suicides)
  • 01/11/1986 - Wokayama, Japon / Église des amis de la vérité / 7 (suicides)
  • 28/08/1987 - Séoul, Corée du Sud / Park Soon ja / 32 (suicide)
  • 21/08/1992 - Naples, Idaho / Mouvement Identité Chrétienne / 3 (affrontements)
  • 19/04/1993 - Waco, Texas /Davidsoniens / 88 (suicide, affrontements)
  • 04/10/1994 - Suisse, Canada / Temple solaire / 485 (assassinats et suicides)
  • 5/03/1995 - Tokyo, Japon / Aoum / 11 morts, 5000 blessés (attentat)

L'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo aurait pu faire jusqu'à 20000 morts, selon certaines estimations.


D’après une étude psychologique faire en 1998, voici les principaux signes – certains plus marqués que d’autres - que l’on peut observer chez les adeptes d’une secte :

  • Indifférence à la vie sociale, familiale, à l’environnement, désintérêt pour tout ce qui n’est pas la secte ; cette indifférence peut aller jusqu’à la perte de toute sensibilité.

  • Caractère obsessionnel de leur engagement : un membre d’une secte n’est plus apte à la communication que pour parler des vertus de son groupe.


  • Dans certains groupes, on observe un régime alimentaire carencé, des tabous alimentaires, un manque de sommeil.


  • Les transformations du comportement vont, pour plusieurs sectes, jusqu’à une altération du timbre de la voix, du chant de la phrase, pauvreté du vocabulaire ; on note également une fixité du regard.


  • Les rituels sont dans certaines sectes tellement fréquents ( horaires, méditation, récitation de « mantras » c’est-à-dire une courte prière à réciter plusieurs fois ) qu’un adepte sorti de son moule est comme égaré. S’il ne remplit pas ses devoirs rituels de pratique, le sentiment de culpabilité est très fort, la dépendance est comparable à celle d’une drogue.


  • Les membres de la secte se sentent tellement protégés contre toute maladie qu’ils n’ont besoin d’aucun soin médical ; ils ne peuvent pas être malades, et s’ils le sont c’est qu’ils n’ont pas pratiqué comme ils le devaient, ce qui augmente leur sentiment de culpabilité.


Ce dernier point est particulièrement inquiétant, car des personnes atteintes de maladies graves ( Cancer, SIDA…) arrêtent tout traitement pour êtres « soignés » selon les préceptes de la secte.


Rejetant la société extérieure considérée comme « pourrie », la secte en rejette également la morale et les tabous. Ainsi, la sexualité est-elle détournée de manière à en faire un instrument de pouvoir aux mains du gourou, et les abus sexuels, viols ou incestes s’en trouvent du même coup justifiés.



Les enfants dans les sectes.

C’est bien évidemment un des problèmes les plus graves concernant les sectes.

A l’intérieur d’une secte, les enfants courent deux risques majeurs :

  • Ceux-ci sont en général coupés de leur famille, que celle-ci soit à l’extérieur comme à l’intérieur de la secte. En effet, à l’intérieur, la secte se substitue aux vrais parents, infantilisés et culpabilisés. De plus, les enfants sont non seulement soustraits à leurs parents, mais également à la protection de l’Etat, car certaines sectes ne déclarent pas les nouveaux-nés.

Ces enfants ne font probablement pas partie d'une secte, mais vous ne le sauriez pas si vous n'aviez pas lu cette légende.

  • Privés de tout secours, les enfants deviennent les victimes et les cobayes de toutes les folies de la secte. Dans la plupart des groupement, les jeux sont totalement interdits car ils « détournent les enfants de la voie à laquelle ils se destinent en vue de mieux gouverner la société et le monde à venir. » ( La Citadelle )

D’autres mouvements vont même plus loin : ainsi, les enfants de la Conscience de Krishna ou de Raël sont considérés comme des démons en puissance et doivent être battus « pour leur bien ».

De plus, les enfants sont privés de soins médicaux et souffrent de graves carences alimentaires, quand ce n’est pas de malnutrition voire de sous-nutrition.

Et ceci sans compter les abus sexuels, viols ou incestes dont ils sont les victimes, évidemment pour leur « épanouissement ».


On peut estimer aujourd’hui qu’environs 50000 enfants subissent à des degrés divers une influence sectaire, que 5000 mineurs vivent dans des communautés fermées, et qu’à peu près 6000 sont astreints à une scolarité hors-norme.


La puissance financière des sectes.

Si l’on veut devenir milliardaire, le meilleur moyen consiste à fonder sa propre religion.

Lafayette Ron HUBBARD ( fondateur de la Scientologie )


L. Ron Hubbard, auteur de science-fiction puis fondateur de l'Église de scientologie.


La puissance financière de certaines « grosses » sectes et impressionnante. Ainsi, il apparaît que celle-ci sont de véritables multinationales prosélytes et ramifiées, alimentant une maison-mère installée à l’étranger ( USA ou Canada ) et parfois dans des paradis fiscaux.

A titre d’exemple, le budget de la Scientologie équivaut à celui du Benelux, la Sokka Gakkaï affiche un revenu de plusieurs milliards de yens et ses actifs en France sont estimés à environ 240 millions de Francs ou 3,5 millions d’Euros.

Quant à la secte Moon, elle faisait un bénéfice annuel de 354 millions de dollars et comptait parmi les 50 premières puissances de la planète jusqu’à l’effondrement boursier en Asie du Sud-Est… Et tout ceci sans compter le parc immobilier souvent impressionnant.


Cet argent provient des offrandes des fidèles, mais également de détournement de fonds, voire même de blanchiment d’argent, à l’image de l’Organisation du Temple Solaire soupçonnée d’être la « machine à laver » d’un trafic d’armes.


Et après ?

On estime qu’en France, environ 500000 personnes sont touchées par le phénomène des sectes. Parmi elles, on compte les ex-adeptes. Comment ceux-ci surmontent-ils une telle épreuve ?

« Lorsqu’un adepte sort de la secte, le problème essentiel qu’il rencontre est la perte de ses références. Ses repères sectaires n’ont plus d’efficacité, ils ne sont pas adaptés à la société extérieure. Il est donc obligé de se reconstruire de nouvelles grilles de références, de se créer de nouveaux repères adaptés à al société environnante. Pendant plusieurs mois, il vit dans un système décalé, comme s’il était transporté dans une civilisation qu’il ignore. » explique le psychiatre Jean-Marie ABGRALL.


Ainsi, le monde extérieur terrifie les ex-adeptes. Détachés du groupe où ils avaient leurs repères, ils sont totalement livrés à eux-mêmes dans un monde qui leur est devenu étranger.

Pour eux, la réinsertion est très difficile. S’il existe des structures pour les anciens détenus, les anciens alcooliques ou les femmes battues, rien, ou presque, n’existe pour les anciens adeptes.

Ils sont souvent sans argent ( car dépouillés par la secte ), sans travail ni possibilité de s’inscrire au chômage : car comment expliquer à un employeur ou à l’ANPE que vous êtes sans travail depuis des années parce que vous étiez dans une secte ?

L'ANPE, Agence Nationale Pour l'Emploi, est un organisme français qui centralise les demandes et offres d'emploi.


De plus, si l’adepte est sorti de la secte, la secte est encore dans sa tête. Il ressent des symptômes d’anxiété, de culpabilité, de honte, de peur. Il sent encore sur lui le regard désapprobateur de son gourou. Ensuite, la secte exerce fréquemment sur lui des pressions lors de sa sortie.

L’ex-adepte a donc besoin d’une écoute, sans jugement ni commentaires.

Porter plainte, se battre est également un moyen d’en finir avec ce passé : protester contre un préjudice financier n’est pas une simple question d’argent, c’est un exorcisme.



III. Enjeux de la lutte contre les sectes


L’enjeu principal en France repose sur la conciliation du principe de laïcité et la nécessité de lutter contre de mouvements bafouant les Lois et les Droits de l’Homme.

Ainsi, l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen dispose que « nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public institué par la Loi. » .

Dans le même ton, l’article 2 de la Constitution de 1958 affirme que la France, République laïque « assure l’égalité devant la Loi sans discrimination d’origine, de race, ou de religion. ».

Enfin, la Loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Eglises et de l’Etat dispose que la République « assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes. »

Il en résulte que l’Etat refuse de se prononcer sur le contenu des croyances des différentes communautés à caractère religieux : sur ce point, les sectes ne sont donc ni attaquables, ni même discutables. Le mot d’ordre serait donc : tolérer toutes les croyances, mais sanctionner les comportements qui sont contraires aux lois de la République.


Si les intentions de la Commission d’enquête parlementaire de 1995 qui a tenté d’établir un « plan de bataille » dans la lutte contre les sectes sont louables, elle n’en demeure pas moins sujette à critique.

En effet, certains observateurs ont critiqué l’absence de méthodologie et l’absence de tout débat contradictoire : seuls des représentants de la lutte anti-secte et des experts de l’Église Catholique ont été entendus sur le sujet…

De plus, certains critères employés pour décrire les sectes semblent discutables :

  • la déstabilisation mentale ;
  • le caractère exorbitant des exigences financières ;
  • la rupture induite avec l'environnement d'origine ;
  • les atteintes à l'intégrité physique ;
  • l'embrigadement des enfants ;
  • le discours plus ou moins anti-social;
  • les troubles à l'ordre public ;
  • l'importance des démêlés judiciaires ;
  • l'éventuel détournement des circuits économiques traditionnels ;
  • les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics.

Deux retiennent particulièrement l’attention : le « discours plus ou moins anti-social » d’une part, car c’est une expression floue, voire incompréhensible, et le « trouble à l’ordre public » qui est une notion « fourre-tout » bien connue des juristes.

De plus, il ne faut pas omettre de préciser qu’un seul de ces critères ne peut ni ne doit servir de base pour qualifier un mouvement de secte.

Néanmoins, les parlementaires ont tenté de parvenir à un verdict équilibré. Ils ne recommandent pas l’adoption d’une législation particulière contre les sectes, car cela reviendrait à remettre en cause les principes de liberté de croyance et de laïcité en rétablissant de fait le principe de cultes reconnus.

C’est ainsi que députés, juristes et intellectuels en arrivent à la même conclusion : mieux appliquer l’arsenal législatif existant, notamment sur l’escroquerie et les conditions de travail et d'hébergement contraires à la dignité de la personne, ou les textes concernant l’exercice illégal de la médecine et bien entendu les crimes et délits d’atteinte aux personnes.

De même, l'article 31 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'État, puni « de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la 5ème classe et d'un emprisonnement de dix jours à un mois, ou de l'une de ces deux peines seulement, ceux qui, soit par voies de fait, violences ou menaces contre un individu, soit en lui faisant craindre de perdre son emploi ou d'exposer à un dommage sa personne, sa famille ou sa fortune, l'auront déterminé à exercer ou à s'abstenir d'exercer un culte, à faire partie ou à cesser de faire partie d'une association cultuelle, à contribuer ou à s'abstenir de contribuer aux frais d'un culte. »

Enfin, il existe depuis 1994 un article 313-4, aux termes duquel « l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse, soit d'un mineur, soit d'une personne dont la particulière vulnérabilité due à son âge, à une maladie, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de son auteur, pour obliger ce mineur ou cette personne vulnérable à un acte ou à une abstention qui lui sont gravement préjudiciables, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 2.5000.000 F d'amende. » et deux articles 225-13 et –14 qui sanctionnent l’abus d’état de faiblesse et d’ignorance dans le cadre de fourniture de services pas ou mal rémunérés et des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine.




Bibliographie
  • Sectes, mensonges et idéaux, Nathalie Lucas et Frédéric Lenoir
  • Sectes, Collection « Idées reçues » Bernard Fillaire et Janine Tavernier
  • Les Sectes, aspects criminologiques, Pierre Aubry
  • Sectes et Sociétés secrètes, Richard Bessière
  • Sectes, rumeurs et tribunaux, Laurent Hincker
  • La Scientologie, une secte contre la République, Paul Ariès


Voilà pour aujourd'hui ! Un grand merci à Chimère pour cet excellent dossier et un grand merci à vous, lecteurs qui l'avez lu jusqu'au bout.

Pour terminer comme à l'accoutumée, une image idiote et une citation :


Comme vous en rêviez : une image de Raël sortant d'une narine géante.
Image par un certain ronin_KaseiSol, j'espère qu'il ne m'en voudra pas de la lui avoir empruntée.


Les sectes sont des clignotants qui signalent un défaut dans les circuits de notre civilisation matérialiste.

Alain Woodrow