Affichage des articles dont le libellé est Films et séries. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Films et séries. Afficher tous les articles

lundi 3 octobre 2011

Le pire de Star Wars, pt. 2 - Des personnages

Note préliminaire : l'article qui suit contient des spoilers pour « l'univers étendu » de Star Wars. Il s'adresse davantage aux gens qui ont vu les films et qui sont prêts à rire de concepts stupides pour des personnages de science-fiction plutôt qu'aux fans de la première heure qui sont prêts à débattre de la puissance relative d'un destroyer impérial et de l'Enterprise ou du degré de réalisme d'un sabre laser noir.


Vous l'aurez compris, il est une nouvelle fois l'heure pour nous de découvrir ensemble des aspects ridicules de l'univers de la Guerre des Étoiles tel qu'il apparaît dans les romans, bandes dessinées, jeux vidéos et autres produits dérivés.

Je précise encore une fois que je ne connais pas vraiment l'univers étendu de Star Wars et que le peu que je peux vous en dire me vient d'internet, et plus précisément de son Wiki non-officiel ou de pages web critiquant ses aspects les plus ridicules.

Ainsi, Cracked.com a récemment publié une liste de personnages de l'univers étendu de Star Wars "trop stupides pour être filmés" dans laquelle figure :

Ikrit


Ikrit (sur l'épaule du garçon), le maître jedi/Falcor miniature

L'auteur de Cracked suppose incorrectement que sa grave carence en « pouce opposable » ou en « bipédie » empêche Ikrit d'utiliser un sabre laser, ce qui est faux selon Wookiepedia : s'il n'en utilise pas, c'est parce qu'il s'est un jour énervé sur un ami et a failli le tuer avec son sabre.

J'imagine que cette scène pourrait être dramatique si Ikrit ne ressemblait pas au croisement entre un furby et un teckel.

Cela aurait pu être pire.


Ziro le Hutt


Comme son neveu Jabba, Ziro le Hutt est un homme-limace de l'espace. À la différence de son neveu, Ziro prend soin de son apparence, a le corps couvert de tatouages et de bijoux, une plume dans les cheveux et s'est fait refaire le visage par chirurgie esthétique pour qu'il soit plus symétrique. À le demande de George Lucas, sa voix ressemble à celle de Truman Capote, c'est-à-dire à un stéréotype d'homosexuel efféminé.

Heureusement, Wookieepedia précise que Ziro est hermaphrodite et aime les femmes - sans cela, le personnage aurait pu sembler un peu étrange.


Le mont Sorrow


Le mont Sorrow est une montagne vivante dont les larmes peuvent soigner n'importe quelle maladie. Je ne pense pas être capable de me moquer d'un concept pareil, qui existe bien trop loin des frontières du raisonnable pour pouvoir être tourné en dérision.

L'un des problèmes fondamentaux de l'univers de Star Wars est qu'il n'a pas de public défini : certaines histoires, comme le légendairement mauvais Star Wars Holiday Special consacré à la Noël chez les Wookiees, s'adresse clairement à un public très jeune, tandis que d'autres récits beaucoup plus sombres s'adressent aux fans plus matures âgés : on imagine le gentil Anakin massacrer des enfants, étrangler sa femme puis être brûlé vif dans le même univers que la montagne vivante qui peut soigner tous les maux (et c'est bien dommage, je ne serais pas surpris si sa salive pouvait soulager les brûlures et si sa sueur pouvait réparer les coeurs brisés).


Jaxxon


Autre manifestation de ce problème, Jaxxon est un lapin vert humanoïde dont les principaux passe-temps sont (si j'en crois les images que j'ai trouvées de lui) de frapper des extraterrestres, de leur tirer dessus avec ses deux pistolets laser et de donner une raison supplémentaire aux fans obsessifs Star Wars de se haïr.

Après vérification, il appartient bel et bien à une race d'hommes-lapins-colorés-de-l'espace appelés les Lepi. Le secret pour inventer une espèce d'extraterrestre intelligente dans l'univers de Star Wars semble être de partir d'un être humain et d'appliquer une ou plusieurs des opérations suivantes :
  • Changer la couleur de la peau et/ou des yeux
  • Enlever un organe (pas d'yeux, pas de pupille, pas d'oreilles, ... comme le port du pantalon est souvent facultatif chez les extraterrestres, ils n'ont généralement pas de sexe non plus)
  • Ajouter un organe
  • Remplacer le visage par la tête d'un animal quelconque
  • Ajouter une capacité spéciale, comme la télépathie
Les fans du monde de Mickey ne seront donc pas dépaysés :

Si, c'est bien une image tirée de l'univers de Star Wars


Ooroo

Les exceptions à mon guide de création d'espèces extraterrestres intelligentes pour l'Univers de Star Wars sont rares et celles qui existent ont le mérite d'être particulièrement stupides. Ooroo et sa race sont l'une d'entre elle.


Oooroo est une sorte de méduse intelligente ou de cerveau flottant qui a le malheur de venir d'une planète dont l'atmosphère est majoritairement composée de cyanogène et ne peut donc pas survivre sur les mondes dont l'air a une composition proche de celle de la Terre - c'est-à-dire sur la totalité des autres planètes habitées de l'univers de Star Wars (quand avez-vous vu des personnages de Star Wars porter un scaphandre ou un masque respiratoire à la surface d'une planète pour la dernière fois ?).

Il baigne donc en permanence dans un cristal contenant un bain de cyanogène, ce qui ne l'empêche pas d'utiliser un sabre laser ou des pistolets laser d'après Wookieepedia, même s'il la manière dont il s'y prend n'est pas précisée.

« C'est tout ce que je peux faire » - Maître Ooroo, en train de ne rien faire du tout.

Pour la petite histoire, Ooroo finit par se sacrifier héroïquement en laissant des orcs de l'espace guerriers Massassi détruire son caisson protecteur, libérant ainsi le dangereux cyanure qu'il contenait. Au risque de paraître raciste envers les espèces non-humanoïdes et non-aérobies, j'ai des doutes sur les qualifications d'un maître jedi dont le plus haut fait d'arme consiste à être resté courageusement immobile et d'avoir laissé des ennemis s'empoisonner en le tuant.


C-3PX


C3PX est le robot tueur secret du méchant Darth Maul, qui ressemble au personnage le plus inoffensif de l'univers entier. L'idée est vraisemblablement que personne ne suspecterait un innocent droïde de protocole maniéré qui marche comme s'il essayait de faire passer un balais en douce à la douane d'être un assassin armé jusqu'aux dents.

Le fusil et le lance-roquette futuristes en bandoulière risquent peut-être toutefois de mettre la puce à l'oreille des passants les plus attentifs.

Les yeux rouges lumineux risquent également d'éveiller des suspicions.

La liste de Cracked s'arrête là, mais il ne s'agit que d'un petit échantillon des bizarreries que l'univers étendu de la guerre des étoiles a à offrir.

Permettez-moi d'y ajouter quelques-unes de celles que j'ai découvertes grâce à internet :

Les Equines et autres quasi-humains


Les Equines, une race de satyres (de l'espace) qui ont le mérite de porter des vêtements, contrairement à la plupart des autres exemples de cet article.

Ils ont également le mérite d'être plus originaux que la plupart des espèces de « quasi-humains », catégorie qui comprend des humains qui :
  • peuvent respirent sous l'eau et ont des écailles
  • sont plus frêles que la normale
  • n'ont pas de pupille et seulement quatre doigts
  • ont de la fourrure et des oreilles allongées
  • ont des crêtes osseuses
  • ont la peau jaunâtre ou brunâtre
  • ont deux coeurs et pas de paupières
  • sont des morlocks (de l'espace)
  • ne supportent pas la chaleur
  • ont des cheveux de deux couleurs et une vitesse de guérison anormalement élevée
  • ont une beauté exceptionnelle mais une mauvaise vision de nuit
  • ont la peau noire et les yeux jaunes
  • ont de grands yeux et une carrure imposante
  • ont des pouvoirs psychiques
  • n'ont pas pas d'yeux mais ont un lien privilégié avec la force qui leur permet de voir malgré tout
  • ont la peau bleue, verte ou jaune
  • ont une espérance de vie très longue
  • ont la peau grise
  • ont des cheveux ressemblant à des plumes
  • ont un grand crâne dégarni

J'allais écrire que ces idées ressemblent à celles notées par un gamin de treize ans dans les marges de ses cours après avoir regardé un épisode de Star Trek, puis j'ai découvert cet authentique dessin d'une Qiraash réalisée lors de la production du premier Star Wars

  • ont la peau pâle et les yeux rouges
  • ont un grand nez, quatre doigts et des yeux petits et rapprochés
  • ont des ailes et la peau colorée
  • ont une voix rauque et le corps mince
  • ont la peau verte, de grands yeux et des antennes
  • ont la peau bleue
  • ont la peau horriblement brûlée
  • ont des yeux verts et de la chlorophylle à la place du sang
Chacun des exemples de cette liste est authentique, et c'est sans compter les nombreuses espèces de quasi-humains qui sont apparemment rigoureusement identiques aux humains normaux, à la différence près que tous leurs membres ont la même couleur de cheveux et d'yeux.

Je peux comprendre qu'il soit plus facile de déguiser un acteur humain en une espèce extraterrestre qui ressemble à un être humain mal maquillé, mais quelle est l'excuse des auteurs des livres et des comic books pour lesquels la majorité de ces espèces a été inventée ?

Ils appartiennent à une espèce de plantes intelligentes pratiquement identiques aux êtres humains (ce n'est pas une blague).


Zorba le Hutt


Comme son fils Jabba, Zorba le Hutt est une limace géante (de l'espace), mais il a des cheveux et une barbe finement tressés en nattes auxquelles sont attachées des rubans.

En voyant Ziro et Zorba, je me demande si Jabba, malgré (ou grâce à) sa passion pour les femelles humanoïdes court-vêtues, n'est pas l'individu le plus normal de la famille.

Ou peut-être espère-t-il juste qu'elles vont lui apprendre à se faire des couettes.


The Envoy


The Envoy est une harpie de l'espace qui a une épée... que ses ailes ne peuvent pas tenir et que ses serres ne peuvent pas atteindre
.

Pour la petite histoire, c'est une jedi mais elle préfère porter une simple épée de métal, probablement parce qu'elle a jugé que son incapacité à l'utiliser n'était pas un handicap suffisant.


Les Ssi-ruks


Les Ssi-ruuks sont des vélociraptors géants (de l'espace) qui aiment porter des chapeaux chinois
et des armes laser.

C'est une idée qui peut paraître ridicule, mais cela n'est à mon avis pas fondamentalement incompatible avec le fait qu'elle soit géniale.

Si un film pareil ne fait pas un carton au box office, je renonce à essayer de comprendre la culture populaire actuelle.

Dracmus


Dracmus est de toute évidence une loutre géante (de l'espace) amatrice de bijoux et de pugilat. Ce qui est moins évident au premier coup d'oeil, c'est qu'elle est aussi exhibitionniste : toutes les autres images de membres de sa race, les Seloniens, les montrent avec des vêtements.

Pour la petite histoire, Selonia est apparemment une planète recouverte par un énorme océan parsemé de petites îles, sur lesquelles vivent les hommes-loutres. La solution trouvée par ceux-ci pour relier les îles ? Un réseau complexe de tunnels creusés sous l'océan, dans le manteau de la planète.


Wilk


Wilk est un loup géant (de l'espace) qui vient du même astre que les Ewoks, les ours en peluche mangeurs d'hommes de l'espace. Il ne s'agit pas d'un homme-loup géant de l'espace mais d'un simple loup de l'espace mais, grâce à une mutation, il est anormalement intelligent et peut parler : dans l'univers de Star Wars comme celui des X-Men, les mutations confèrent toujours de pouvoirs surnaturels au lieu d'horribles handicaps. Wilk est apparemment aussi capable de piloter un vaisseau spatial puisqu'il aurait abattu un chasseur ennemi.

A ce stade, cela ne vous paraîtra peut-être pas particulièrement ridicule. J'aimerais toutefois vous rappeler qu'il est supposé évoluer dans le même univers que Dark Vador, par exemple, et que celui-ci est donc susceptible d'avoir abattu un vaisseau piloté par un loup, entre une conversation avec une montagne et un duel avec une loutre nudiste.

Voici l'image la plus représentative de l'univers étendu de Star Wars que je sois parvenu à créer.

Voilà qui conclut la mise à jour de ce soir ! J'ai presque fini d'écrire la suite et la fin de cette série, qui devrait être publiée la semaine prochaine endéans un délai raisonnable avant que la Belgique n'ait un gouvernement, à moins que je ne décide que vous en avez marre que je vous parle de la guerre des étoiles et que je me lance dans la rédaction d'un article de cent pages sur les invraisemblances dans le Muppet Show.

Je pourrais aussi combiner les plaisirs...
Note : je ne suis pas persuadé que j'oserai vraiment vous infliger un troisième article consécutif consacré à Star Wars, d'autant plus que je viens déjà de vous en présenter les aspects les plus ridicules. Prenez votre mal en patience.

En attendant, une image et une citation :



Si l'argent est tout ce que tu aimes, alors c'est ce que tu recevras.

Dialogue de Star Wars écrit par George Lucas,
accusé par certains de ses fans d'être aussi l'auteur d'un plan diabolique consistant à gâcher volontairement sa série-phare pour gagner de l'argent (ce qui est assez logique, tant qu'on n'y réfléchit pas)

dimanche 4 septembre 2011

Le pire de Star Wars, pt. 1

Trente-quatre ans après la sortie du premier film, Star Wars occupe aujourd'hui encore une place importante dans la culture populaire.

Bien que la plupart des gens en ait vu au moins un épisode, la série est avant tout perçue comme le symbole par excellence de la « culture geek » - au point que le « Geek Pride Day » est célébré le jour de l'anniversaire de sa première projection.


Je ne sais pas s'il y a de « vrais » et de « faux » geeks, mais il est probablement temps que les gens qui débattent de la question et qui considèrent le fait d'être « geek » comme une partie importante de leur identité réalisent qu'ils se comportent exactement comme les membres d'autres sous-cultures, comme les gothiques ou les emos

Comme c'est le cas pour tous les films populaires, je pense qu'il existe différents stades de fanitude pour Star Wars : il y a tout d'abord les gens qui ont vu un ou plusieurs films mais n'en ont pas gardé un souvenir impérissable et qui les considèrent comme un moyen de passer le temps au même titre que les blockbusters de ces dernières années ou une rediffusion de Julie Lescaut.

Il y a ensuite ceux qui ont vu tous les films et qui se souviennent de l'essentiel du scénario, même s'ils n'ont pas mémorisé les noms de tous les personnages et toutes les planètes. Ils apprécient la série sans pour autant se rappeler du nom du robot tuberculeux ou de la planète natale des ours en peluche.

Si vous venez de penser « Le général Grievous n'est pas un robot ! C'est un homme-lézard-cyborg-sith », « Les Ewoks vivent sur la lune d'Endor, pas la planète elle-même » ou quelque chose de plus précis, cet article ne va peut-être pas vous faire plaisir.

Viennent alors les fans qui connaissent plus ou moins bien la série et sont prêts ou prompts à débattre au sujet de certains de ses détails. L'empereur a-t-il été défiguré ou s'agit-il au contraire de son vrai visage ? Obi-Wan a-t-il fait semblant de ne pas reconnaître R2D2 ou est-il amnésique ?

À ce stade, les questions prennent bien souvent une autre tournure : Jar-Jar Binks est-il le pire crime contre l'humanité depuis la fin de la seconde guerre mondiale ou de l'histoire de l'homme toute entière ? Faut-il tuer George Lucas avant qu'il ne gâche définitivement la série ou vaut-il mieux le torturer pour ce qu'il lui a déjà fait subir ?

L'un des innombrables sacrilèges inexcusables commis par George Lucas lors des re-re-re-remasterisation de Star Wars. SCANDALEUX.

On commence à atteindre là un niveau dangereux d'obsession, potentiellement nuisible à la santé (ou en tout cas à celle de George Lucas). Voici par exemple une réaction à l'annonce récente que Dark Vador va crier « Non ! » quand l'empereur essaye de tuer Luke sous ses yeux dans la version Blu-Ray du Retour du Jedi :

« Un représentant de LucasFilm a confirmé la nouvelle aujourd'hui dans le New York Times :

"Oui - Dark Vador dit NON."

Sérieusement ?
(...)

Quand j'ai hystériquement annoncé la nouvelle à ma mère avant d'écrire ceci, elle m'a demandé si Lucas changeait des parties de ses films de façon à pouvoir donner quelque chose de nouveau à ses fans à chaque sortie. C'est une supposition logique... pour quelqu'un qui n'est PAS fan de Star Wars. J'ai dû lui expliquer qu'en ce qui concerne Star Wars, les fans veulent que RIEN ne change ; à la place, c'est que tout soit conservé en l'état.

(...)

Je l'ai déjà dit et je dois le dire à nouveau maintenant que l'édition Blu-Ray est elle aussi sans valeur : les seules versions qui valent la peine d'être vues sont les LaserDisc. »

Je ne pense pas que l'auteur fasse preuve d'ironie - et, s'il s'agit d'une parodie, elle est impossible à différencier des tirades qu'écrivent certains fans obsessifs de Star Wars.

« Non, MAMAN, tu ne comprends pas ! Dark Vador dit NON. Le film est GÂCHÉ, pour TOUT LE MONDE et pour TOUJOURS. »

L'aspect le plus controversé des versions remasterisées de la première trilogie Star Wars est toutefois sans doute la première scène où apparaît Han Solo, au cours de laquelle un homme de main de Jabba vient lui réclamer l'argent qu'il lui doit. Dans la version originale du film, Han l'abat froidement tandis que dans la version remastérisée, l'homme de main lui tire dessus pratiquement à bout portant, mais Han parvient à éviter le rayon laser et ne tire que pour se défendre. Ce changement a eu suffisamment d'impact sur les fans pour mériter une page entière sur Wikipédia.

« HAN SHOT FIRST » est devenu une sorte de cri de ralliement pour les fans frustrés des modifications apportées par George Lucas aux rééditions de Star Wars.

Comment peut-il rater à cette distance ? J'exige plus de réalisme et de personnages à la moralité ambiguë dans mon univers fantastique de chevaliers-magiciens où il suffit de faire une mauvaise action pour se transformer en dictateur galactique tueur d'enfants !

Le grand paradoxe des fans de Star Wars est qu'ils détestent tout ce que George Lucas a produit depuis le second ou le troisième film, mais continuent à considérer ce qu'il dit et créée comme parole d'évangile. Je n'utilise pas ce terme à la légère : la franchise Star Wars est loin de se limiter aux six films principaux mais comprend une constellation de livres, comics, films moins connus et jeux vidéos dont le degré de « canonicité » est l'objet de débats parfois violents parmi les fans.

Dans cet article et ceux qui suivront, j'aimerais vous exposer quelques-uns des aspects les plus bizarres de cet « Univers étendu » de Star Wars et de la communauté de fan de la série.

Les fans de Star Wars sont parfois capables de faire des choses formidables.


J'ai donc le plaisir de vous présenter :


L'univers étendu de Star Wars expliqué par quelqu'un qui ne le connaît pas


Les informations que je vais vous présenter ont principalement été obtenues au hasard de mes lectures sur internet ou sur l'un des Wikis consacrés à Star Wars, sobrement baptisé Wookieepedia. Permettez-moi de vous traduire ce qu'on peut actuellement lire sur sa page d'accueil :

Saviez-vous...

* ... qu'un navigateur humain mâle a servi dans le cockpit du Millenium Falcon durant l'entièreté de la bataille d'Endor ?
* ... qu'une annonce d'intérêt publique de 1979 montrait un client de la Cantina de Duros proposant à un Talz ivre de le reconduire chez lui ? * ...que des épées étaient créées à partir des corps des tulrus, une espèce native de la planète Mustafar ? * ...que Jagged et Zena Antilles avaient un dépôt de fuel ?

Chacune de ces lignes est truffée de liens vers les pages correspondantes. Le navigateur inconnu a par exemple son propre article avec photographie :

« Pression stable. » - Le navigateur rebelle non-identifié durant la bataille d'Endor
(c'est réellement la citation par laquelle commence sa page)

D'après mes recherches, la règle n°1 de l'univers étendu de Star Wars est que si un personnage apparaît une demi-seconde dans l'arrière-plan d'un des films, il a vraisemblablement un nom et une histoire de plusieurs pages ou, à défaut, une page sur Wookieepedia intitulée « Passant de race indéterminée n°43 ».

J'ai parfois recours à l'hyperbole pour exagérer les défauts de ce que je critique sur ce blog. J'aimerais qu'il soit clair que le paragraphe précédent ne contient rien de tel.

Rodien non-identifié portant une veste, aperçu pendant quelques instants à l'arrière-plan d'un épisode de la série dérivée Star Wars: Clone Wars

Je réalise que, par nature, un Wiki consacré à un univers imaginaire ne peut contenir que des informations triviales. Je ne suis cependant pas sûr qu'il était vraiment essentiel de créer une page consacrée aux toilettes, expliquant que « du papier toilette était utilisé[1] » -source à l'appui- et citant toutes les oeuvres de l'univers Star Wars dans lesquelles des toilettes sont mentionnées.

Une telle obsession dans la recherche et le catalogage de détails dépourvus d'intérêt sur le monde de Star Wars aurait peut-être du sens s'il s'agissait d'un univers cohérent et bien établi. En réalité, cet univers comprend des centaines de livres, comics et jeux vidéos que les fans classent par degré de canonicité, selon leur degré d'éloignement de George Lucas et l'époque à laquelle ils ont été créés.

Des dizaines d'oeuvres expliquant les évènements antérieurs à la trilogie principale ont ainsi été contredits par la sortie de la nouvelle trilogie ; à tout moment, toute information est susceptible d'être contredite par la sortie d'une nouvelle oeuvre de canonicité plus élevée. Cet univers se développe de façon anarchique, souvent sans concertation entre les auteurs.

Les contradictions existant entre les six films principaux et les changements que George Lucas ne cesse d'y apporter ne font que confirmer qu'il est impossible d'affirmer catégoriquement si, oui ou non, Luke Skywalker utilisera encore du papier toilette demain.

De l'utilité de prévoir le plan des suites de votre film dans les grandes lignes.

Pour terminer, peut-être avez-vous remarqué que les combats au sabre laser ont évolué tout au long de la série : le premier duel entre Dark Vador et Obi-Wan a le dynamisme d'une séance de tai-chi pour robot arthritique diffusée au ralenti, mais l'épisode 1 montre un combat à la chorégraphie complexe entre Schindler et un méchant qui a plus de tatouages que de personnalité.

Pour une raison qui m'échappe, Darth Maul est l'un des personnages les plus populaires de la prélogie. Vu la qualité des dialogues, c'est peut-être parce que c'est le seul à ne jamais ouvrir la bouche.

Ce méchant se bat avec un double sabre laser. Afin de continuer à innover, l'épisode 2 propose un personnage dont le sabre a un manche légèrement incurvé et une scène où Anakin se bat avec deux sabres laser à la fois.

La progression logique était évidemment d'insérer, dans l'épisode 3, un personnage équipé de quatre sabres laser.

On a les trucages qu'on mérite.

Les films se sont malheureusement arrêtés là, empêchant la surenchère de sabres laser de se poursuivre sur grand écran. Heureusement, l'univers étendu à pris le relais :

Irek Ismaren/Lord Nyax, qui ne peut pas faire de mouvement brusque ou se gratter le nez sans perdre quelques organes.

Voilà qui conclut la première mise à jour de cette série. En attendant la suite, une image en rapport et une citation :


Piuuu piupiupiu pipiiii

- R2-D2,
Poète et philosophe droïde

dimanche 28 octobre 2007

Dr House - résumé des épisodes précédents

Alors que la diffusion de la 3ème saison est sur le point de se terminer en Belgique, je me suis dit qu'il pourrait être utile, pour ceux qui n'ont jamais vu la série et souhaitent prendre le train en marche, de résumer les 70 derniers épisodes de Dr House.


Attention - ne vous attendez pas à ce que je résume chaque épisode individuellement. J'entends plutôt résumer les 70 épisodes d'un coup, puisqu'ils suivent tous le même schéma narratif et ne contiennent que peu (et généralement, pas du tout) d'évolution des personnages. Voici donc :


40 minutes à l'hôpital de Princeton-Plainsboro
(attention : peut contenir de petits spoilers pour les saisons 1-3)


0-2 minutes - Scène de la vie courante sans grand intérêt, qui peut au départ donner l'impression que l'on s'est trompé de série.


Heureusement, rapidement...



3-4 minutes - L'une des personnes présentes (à partir de la moitié de la 1ère saison, c'est généralement celle à laquelle on s'attend le moins) fait soudain une crise de maladie rare et à première vue inexplicable.

Cinq secondes d'images de synthèse montrent l'intérieur de l'organisme du malade et ce qui y cloche, ce qui peut consister en :
  • un caillot bloque un vaisseau sanguin
  • des décharges électriques entre des neurone (en faisant "bzzzt", comme en vrai)
  • il y a un trou quelque part là où il ne devrait pas y en avoir et quelque chose de dégoûtant se répand quelque part

Les autres personnes présentes sont d'abord incrédules (parce qu'elles n'ont pas vu les images de synthèse où des déchargent électrique font un trou dans un vaisseau sanguin bloqué), puis paniquent lorsqu'elles réalisent qu'il y a réellement un problème.


Écran noir, puis :

5 minutes - Générique de la série, avec de vrais morceaux de planches anatomiques dedans.




6-9 minutes - House arrive à l'hôpital, insulte son meilleur ami, se bat avec sa patronne qui finit par le contraindre à s'occuper du "malade de la semaine", ignore les avis de ses trois assistants, annonce son propre diagnostic, demande à ce qu'on commence le traitement immédiatement tout en faisant une série d'analyses.

Cela n'a l'air de rien mais en trois minutes, il a contrarié toutes les personnes présentes sur l'image ci-dessous et (mal) diagnostiqué le problème d'un patient sans l'avoir rencontré.

All in a day's work.


10-13 minutes - House, condamné à s'occuper de consultations avec des patients contre son gré, est confronté à un patient particulière stupide ou bizarre dont il s'occupe de manière expéditive.


14-19 minutes - Les assistants de House s'occupent des analyses et de la papote avec le patient...
Et la santé, ça va ?

...mais soudain :

20-23 minutes - Le patient va brusquement plus mal. Au choix, il :
  • convulse (50% des épisodes)
  • ne réagit pas à la douleur lors d'un test où on lui enfonce une grande aiguille dans un endroit sensible, est soudain paralysé
  • est soudain aveugle
  • commence à perdre du sang d'un endroit inattendu
"Notre traitement... est en train de le tuer."
House cesse pendant deux minutes d'insulter tout le monde, et prend un air sérieux le temps d'un gros plan.


24-27 minutes - Retour au diagnostic différentiel.
Pour les incultes : c'est un mot savant que j'ai appris en regardant la série, qui veut dire "méthode systématique d'identification des maladies au cours de laquelle un médecin avale une grande quantité de calmants tout en se moquant des opinions de ses collègues".

Franchement, je ne sais pas pourquoi ils prennent encore la peine de participer.

Souvent, les assistants de House sont contraints d'entrer par effraction dans le domicile du patient pour y rechercher des drogues ou des allergènes.

Finalement, House a le dernier mot et demande à ce qu'on commence un traitement peu orthodoxe et potentiellement mortel pour le patient (surtout si le diagnostic est mauvais).


28-29 minutes - Cela arrive aux oreilles de la patronne, qui n'est pas du tout d'accord mais finit par céder.

Comme chaque semaine, je m'oppose catégoriquement à ce que vous tentiez de sauver ce patient d'une manière contraire à la morale ou au loi (même si cela a toujours marché jusqu'ici), mais je cède trois minutes plus tard.
PS : comme la totalité des personnes féminins de la série, j'ai été amoureuse de House par le passé et je le suis probablement encore un peu !


30-32 minutes - Le patient que House avait eu en consultation est de retour. Tandis qu'il le (re-)soigne, il comprend soudain qu'il s'est planté dans son autre diagnostic.
Ceci est généralement dû au fait que le patient ou un de ses proches a menti aux médecins, ce qui a empêché d'identifier correctement son problème.

Un détail insignifiant et à première vue sans rapport permet à House de réaliser à la dernière seconde qu'il s'est trompé dans son diagnostic.


33-35 minutes - House arrive juste à temps pour interrompre le traitement, qui était sur le point de tuer le patient. Il doit généralement d'abord convaincre ses assistants et la famille du patient que son diagnostic précédent était complètement faux, juste après s'être évertué à les convaincre qu'il était juste.


35-38 minutes - Le patient est sauvé et quitte l'hôpital (ou va mourir tout de même, mais ce n'est pas la faute des médecins donc tout va bien).


38-40 minutes - scène finale : dernier dialogue puis musique dont les paroles sont vaguement en rapport avec l'épisode. Transitions successives entre les différents personnages, qui se termine par House, seul, pensif (éventuellement en train de jouer du piano).

La fin de l'épisode peut donner l'impression que House est devenu sensible ou a appris quelque chose mais, ne vous inquiétez pas, il sera redevenu le salopard habituel d'ici le prochain épisode.


Voilà ! Je crois avoir résumé la quasi-totalité de la série. Relisez cet article quelques dizaines de fois et vous en serez au même point que les téléspectateurs.

Bien sûr, il faut aussi intercaler là-dedans quelques minutes au début, au milieu et à la fin de l'épisode, consacrées aux interactions entre personnages comme "l'assistante est amoureuse de House", "le meilleur ami de House rompt avec sa femme" ou "House s'achète une moto". Ces scénarii parallèles peuvent parfois s'étendre sur plusieurs épisodes mais, généralement, ils n'ont que peu d'importance est on revient rapidement au même status quo.

De plus, il ne faut pas non plus oublier les quelques épisodes spéciaux du genre "House doit remplacer un professeur malade", "House prend l'avion", "House contre Fantômas" et "Épisode de fin de saison qui donne l'impression que beaucoup de choses vont changer mais finalement, pas tant que ça".




Avant que ma boîte mail ne soit envahie par des mails de fans de la série : malgré sa structure répétitive, j'aime beaucoup cette série. Je considère cependant que sa force vient de l'humour apporté par l'insupportable et génial Dr House, et non des "énigmes médicales" incompréhensibles pour le spectateur moyen ou de l'évolution des personnages, pratiquement non-existante.

De plus, puisque la série se veut à l'origine une "série policière médicale", il n'est pas très surprenant que la structure Crime/Maladie - Fausse(s) piste(s) - Résolution de l'énigme soit si souvent répétée.




Pour terminer, une image sans rapport et une citation :


Quand on va vraiment mal, se passer de docteur est parfois un remède insuffisant.
George Colman